Acupuncteur aux pieds nus

http://walterfischer.zeblog.com/

Calendrier

« Avril 2020
LunMarMerJeuVenSamDim
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930 

walter fischer

carnet de voyage d

Blog

Derniers billets

Compteurs

Liens

Fils RSS

CE QUI A CHANGé

Par walter fischer :: 15/09/2008 à 7:16


Bon, là il est temps de me remettre au travail. Celui de la plume. Je ne vais pas m'attarder sur les raisons de ce long silence de 6 mois. En gros, en simple: insatisfait,  stressé, plongé dans toutes les préoccupations d'un lancement,  je ne parvenais pas à partager, à vous rendre compte des avancements. Si lents, si petits. J'en ai un peu bavé et je n'avais pas trop le coeur à vous raconter .

Je ne vais pas essayer non plus de combler le vide de commentaires. J'imagine que les évènements de cette époque qui méritent d'être relatés me reviendront à l'esprit. Vous devez tout de même savoir que le dispensaire est toujours ouvert, tourne très bien et n'a pas rencontré le tas de problèmes que j'avais projetés avant l'ouverture
Je suis de retour à Bombay depuis 15 jours après plus d'un mois de "vacances" en Europe et ce que je relis de mes premiers billets me semble fort loin.



Ce qui a changé c'est d'une part le travail au dispensaire.
C'est sûr qu'après plus de 6 mois ardus, je me suis amélioré, en me familiarisant avec les maladies locales et leurs spécificités, avec les patients et la manière de gérer nos rapports. Ils se sont aussi je pense habitués à moi. C'est drôlement plus convivial. "Drôlement" n'est finalement pas trop mal choisi, car j'ai bien plus de plaisir maintenant qu'à l'époque où presque tout me faisait peur (les cas difficiles, les jours avec moins de patients et de résultats, la réaction de gens, des voisins,...). C'est important d'avoir du plaisir. Sinon, ça ne vaut pas la peine. Dans ce type d'action, sans joie, il n'y a pas grand chose d'important à partager avec autrui. Vraiment, le sacrifice, ce n'est pas mon truc.

Tous ces visages. Formidables, ils me remplissent. Je trouve incroyable toutes ces vies . Toutes différentes. Pourtant toutes ayant en commun l'essentiel qui fait que les hommes sont reliés entre eux, que nous sommes tous reliés.



Et d'autre part (ce qui a changé), le travail en dehors du dispensaire.
Jusqu'au mois d'août, j'avais tellement la tête plongée dans mes aiguilles que je n'étais pas capable de faire autre chose, de penser à autre chose. C'était une étape indispensable, mais il faut que ça change. Je ne peux pas travailler seul, sinon je suis condamné à ne pas évoluer. Ce projet de dispensaire à Bombay et mon envie de le voir continuer à vivre après mon départ nécessitent des rencontres, un réseau de gens qui veulent participer.



Un article dans un journal important de Bombay m'a donné une nouvelle visibilité. Une journaliste est venue au dispensaire, a discuté avec les patients et a décidé d'écrire à ce sujet. Ce qu'elle a très bien fait. Tellement bien que le jour de la parution, nous ne pouvions pas répondre à tous les appels téléphoniques que nous recevions. Ces appels m'ont fait sortir de mon trou, fait rencontrer des médecins, d'autres acupuncteurs, d'autres milieux. Le temps est venu d'ouvrir le projet à d'autres. Nous ne sommes pas loin, il reste en effet encore tout à construire : financement, nouveau lieu, partenaires adéquats, associés motivés et responsables... Mais la décision est prise, le chemin est là, faut l'emprunter. Et là encore, je suis assez certain que ça ne va manquer de piment.




Il va falloir s'organiser autrement. Systématiser un peu. Mettre sur pieds le fonctionnement autonome de ce bout d'équipe. Il va aussi falloir communiquer mieux. A commencer par refaire le web site. Trop axé sur mon expérience personnelle de rêveur aux pieds nus. Le blog restera mon mode "privé" de communication, tandis que le site se doit d'aborder d'autres sujets, plus vastes: replacer le projet dans la situation générale des bidonvilles, expliquer plus largement à quoi sert l'acupuncture et particulièrement ici, intégrer les nouveaux acteurs, rechercher et encourager les potentiels donateurs sur du plus long terme.... Sortir de l'aventure individuelle pour donner naissance à un projet collectif.



En pensant à tout ce qui nous attend, je me demande si finalement je ne ferais pas mieux de retourner me cacher derrière mes aiguilles!



Mais en quoi consiste ce "nouveau projet"?
Il y a toujours la partie purement "aux pieds nus", c'est à dire aller vers les régions les plus défavorisées dans le monde et utiliser mes aiguilles comme moyen de changement. Que j'ai toujours en tête, mais qui, il faut bien dire, a du plomb dans l'aile. D'abord donner les bases et des ailes solides au projet Bombay avant de pouvoir repartir. Idéalement, à Bombay j'aimerais aménager un local plus spacieux et y intégrer d'autres thérapeutes: Ujwala (mon assistante actuelle) à la tête de la mini organisation, un ou deux acupuncteurs, un médecin en ayurvéda accompagné d'un masseur/une masseuse (on ne mélange pas les genres ici) et une assistante/traductrice. Je trouverais très bénéfique pour les patients (et simplement aussi intéressant, stimulant) de pouvoir intégrer dans notre pratique l'acupuncture et la médecine traditionnelle indienne.
Et à partir de ce centre, ouvrir d'autres petits dispensaires dans la ville.
D'ailleurs si des dispensaires devaient être ouverts dans d'autres pays, j'aimerais renouveler l'idée et travailler avec la médecine traditionnelle locale...



Toute l'équipe serait salariée mais chacun devrait bien sûr montrer un intérêt réel pour le travail social. Je pense que c'est la seule solution pour obtenir une équipe stable et responsable. Attendre de la part de ces médecins, et assistantes qu'ils travaillent gratuitement n'est pas réaliste. On pourrait sans doute trouver des acupuncteurs qui accepteraient de travailler quelques heures par semaine sans salaire, mais ce ne sera jamais fiable et impliquerait une logistique totalement hasardeuse. Après quelques mois, on peut tout recommencer. Or le but est que ça tourne sans moi.

Tout cela devra évidemment être organisé pas à pas, sans hâte. Poser chaque brique au bon moment. Nous avancerons en fonction du financement disponible (s'il arrive,  car pour l'instant quelques pistes seulement, mais rien de concret) et de l'arrivée des gens de terrain.
Comme c'était le cas pour l'ouverture du dispensaire, il ne sert à rien de forcer, il faudra saisir les bonnes opportunités.



On a réouvert le dispensaire la semaine dernière. Il a fallu rafraîchir sérieusement l'endroit. Gros nettoyage mais surtout quelques couches de peinture, tout moisit ici pendant la mousson. La poubelle communale se trouve toujours sous la fenêtre et, "bonheur", le magasin égorgeur de poulets plus loin dans la rue a maintenant déménagé juste à côté de nous. C'est un ravissant concert de mouches et d'odeurs. Donc de toute manière, si on ne parvient pas à étendre le projet  ailleurs, comme nous l'envisageons maintenant, il faudra de toute manière changer de local qui décidément commence à manquer de charme. Mais pour l'instant, c'est notre "chez-nous", on fait avec...

Trackbacks

Pour faire un trackback sur ce billet : http://walterfischer.zeblog.com/trackback.php?e_id=340820

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment.

Ajouter un commentaire

Nom ou pseudo :


Email (facultatif) :


Site Web (facultatif) :


Commentaire :


 
Copyright © Acupuncteur aux pieds nus - Blog créé avec ZeBlog